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Les chrétiens, depuis le règne de Néron jusqu’à celui de Constantin

Les persécutions (58-310) Dircé chrétienneHenryk Siemiradzki, Musée national de VarsovieLa politique religieuse de l’ancien monde semble avoir pris un caractère plus sévère et plus intolérant pour s’opposer aux progrès du christianisme : quatre-vingts ans environ après la mort de Jésus-Christ, ses innocents disciples furent condamnés à mort par la sentence d’un proconsul humain et philosophe, et en vertu des lois d’un empereur distingué par la sagesse et par la justice de son administration générale. Les apologies qui furent souvent adressées aux successeurs de Trajan sont remplies des plaintes les plus touchantes : elles peignent le sort infortuné des chrétiens, qui, obéissant (suite…)
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Gallien (octobre 253-septembre 268)

Gallien (260-268) GallienDepuis longtemps Gallien supportait avec peine la censure sévère d’un père et d’un collègue : il reçut la nouvelle de ses malheurs avec un plaisir secret, et avec une indifférence marquée. Je savais, dit-il, que mon père était homme; et puisqu’il s’est conduit avec courage, je suis satisfait. Tandis que Rome consternée déplorait le sort de son souverain, de vils courtisans applaudissaient à la dure insensibilité du fils de ce malheureux prince, et le louaient d’être parvenu à la fermeté parfaite d’un héros et d’un philosophe. Il serait difficile de saisir les traits du caractère léger, variable et inconstant, que (suite…)
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Trébonien Galle (mi-juin 251-août 253)

Election de Gallus (mi-juin 251) Ce coup funeste abattit pour quelque temps l’insolence des légions. Il parait qu’elles attendirent patiemment et reçurent avec soumission le décret du sénat qui réglait la succession à l’empire. Un juste respect pour la mémoire de Dèce éleva sur le trône le seul fils qui lui survécut. Hostilien eut le titre d’empereur; mais, avec un rang égal, on donna une autorité plus réelle à Gallus, dont l’expérience et l’habileté parurent, proportionnées à l’importance des soins qui lui étaient confiés : la tutelle d’un jeune prince, et le gouvernement de l’empire en danger.Traité de paix avec (suite…)
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Progrès de la religion chrétienne (33-310)

Importance de l’examen du progrès du christianisme (33-310) saint Ananie (345), originaire de Persemartyr à l’époque de la persécution du roi Sapor IIUn examen impartial, mais raisonné, des progrès et de l’établissement du christianisme, peut être regardé comme une partie très essentielle de l’histoire de l’empire romain. Tandis que la force ouverte et des principes cachés de décadence attaquent et minent à la fois ce grand corps, une religion qui jette sans effort des racines dans l’esprit des hommes, croit au milieu du silence et de l’obscurité, tire de l’opposition une nouvelle vigueur, et arbore enfin sur les ruines du (suite…)
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Maxence, Maximin et Licinius (28 octobre 306-3 juillet 324)

Constantin en Gaule (306-312) Constantin, dans la sixième année de son règne, visita la ville d’Autun, et lui remit généreusement les arrérages du tribut. Il réduisit en même temps la proportion des contribuables. On comptait vingt-cinq mille personnes sujettes à la capitation: ce nombre fut fixé à dix-huit mille. Cependant cette faveur même est la preuve la plus incontestable de la misère publique. Cette taxe était si oppressive, soit en elle-même, soit dans la manière de la percevoir, que le désespoir diminuait un revenu dont l’exaction s’efforçait d’augmenter la masse. Une grande partie du territoire d’Autun restait sans culture : (suite…)
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Dèce (automne 249-juin 251)

Dèce empereur (automne 249) Le nouvel empereur avait à peine employé quelques mois au rétablissement de la paix et à l’administration de la justice, lorsqu’il fut tout à coup appelé sur les rives du Danube par des cris de guerre et par l’invasion des Goths. C’est ici la première occasion importante où l’histoire fasse mention de ce peuple qui, bientôt après, renversa la monarchie romaine, saccagea le Capitole, et donna des lois à la Gaule, à l’Espagne et à l’Italie. Ses conquêtes en Occident ont laissé des traces si profondes, que même encore aujourd’hui on se sert, quoique fort improprement, (suite…)
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Aurélien (septembre 270-mars 275)

Aurélien empereur (septembre 270)AurélienLe plan général de cet ouvrage ne nous permet pas d’entrer dans de grands détails sur les actions de chaque empereur après son avènement, encore moins de décrire les diverses particularités de cette portion de sa vie écoulée, avant qu’il montât sur le trône. Nous nous contenterons d’observer que le père d’Aurélien était un paysan du territoire de Sirmium, où il faisait valoir une petite ferme qui appartenait à Aurelius, riche sénateur. Son fils, passionné pour les armes, entra au service comme simple soldat; il obtint successivement les grades de centurion, de préfet d’une légion, d’inspecteur au (suite…)
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Philippe l’Arabe (2 février 244-automne 249)

Forme d’une république militaire (2 février 244) Ce qu’on appelait l’empire romain dans ce siècle là, était une espèce de république irrégulière, où la milice militaire, qui a la puissance souveraine, fait et défait tout magistrat; et peut-être est-ce une règle assez générale que le gouvernement militaire est, à certains égards, plutôt républicain que monarchique. Et qu’on ne dise pas que les soldats ne prenaient de part au gouvernement que par leurs désobéissances et leurs révoltes : les harangues que les empereurs leur faisaient ne furent-elles pas à la fin du genre de celles que les consuls et les tribuns (suite…)
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La Perse après le rétablissement de cette monarchie par Artaxerxés (222-284)

Barbares de l’Orient et du Nord (222-284) Depuis le règne d’Auguste jusqu’au temps d’Alexandre Sévère, Rome n’avait eu à redouter que les tyrans et les soldats, ennemis cruels qui déchiraient son sein. Sa prospérité n’était que bien faiblement intéressée dans les révolutions qui se passaient au-delà du Rhin et de l’Euphrate; mais lorsque l’anarchie eut confondu tous les ordres de l’Etat, lorsque la puissance militaire eut anéanti l’autorité du prince, les lois du sénat, et même la discipline des camps, les Barbares de l’Orient et du Nord, qui avaient si longtemps menacé les frontières, attaquèrent ouvertement les provinces d’une monarchie (suite…)
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Gordien III (29 juillet 238-11 février 244)

Gordien III empereur (29 juillet 238) Dans l’espace de peu de mois, l’épée avait tranché les jours de six princes. Gordien, déjà revêtu du titre de César, parût aux prétoriens le seul propre à remplir le trône vacant. Ils l’emmenèrent au camp, et le saluèrent unanimement Auguste et empereur. Son nom était cher au sénat et au peuple : sa tendre jeunesse promettait à la licence des troupes une longue impunité. Enfin, le consentement de Rome et des provinces épargnait à la république, quoiqu’aux dépens de sa dignité et de sa liberté, les horreurs d’une nouvelle guerre civile dans le (suite…)