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Théodose Ier (19 janvier 379-17 janvier 395)

De tous les empereurs romains, Théodose est le seul à qui la postérité ait été tentée d’accorder l’épithète de Grand. Les circonstances au milieu desquelles il arriva à l’Empire ne promettaient pas à son nom une si heureuse fortune. Une administration décréditée, une armée sans discipline, des provinces ruinées, des sectes pullulant au sein de la religion venue pour régénérer le monde, en face du paganisme encore vivant, enfin deux empereurs presque coup sur coup engloutis sous le débordement de la barbarie germaine qui ne devait plus rentrer dans son lit, tel était l’état de l’Empire. Pour supporter un tel (suite…)
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Valentinien (26 février 364-17 novembre 375) et Valens (26 mars 364-9 août 378)

A la mort de Julien, la cour, l’armée, l’Empire étaient effrayés de la possibilité d’une lutte prochaine, suprême, entre le christianisme et le paganisme. Au-delà de l’Euphrate. les chefs chrétiens Arinthée et Victor, et les païens Nevita et Dagolaïf étaient prés peut-être à se disputer l’Empire, après le refus du préfet d’Orient, Salluste, quand l’armée, plus sage cette fois, acclama le primicier des gardes, Jovien, fils du comte Varronien. Jovien n’eut que le temps de faire un acte honteux et un acte sage. Pressé de s’assurer de l’Empire, il acheta la paix aux Perses par la cession des cinq provinces transtigritanes (suite…)
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Julien (3 novembre 361-26 juin 363)

Dernier neveu du grand Constantin, échappé comme par miracle à cette impitoyable loi du salut de l’Empire à laquelle Constance avait sacrifié le reste de sa famille, Julien souffrit, dans sa jeunesse, ce qu’il y a peut-être de plus dur après la mort : la captivité du corps et celle de l’âme. Relégué, sous une surveillance matérielle et morale très étroite, d’abord au fond du palais épiscopal de l’évêque arien de Nicomédie, Eusébe; puis, au fond du château isolé de Macellum, en Cappadoce, il fut la première victime du secret découvert par Constance, et appliqué depuis par tant de puissants (suite…)
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Les fils de Constantin (337-361)

En faisant l’histoire des réformes politiques et morales de Dioclétien et de Constantin, on s’est bien gardé de hasarder sur elles un jugement prématuré. Si l’histoire est une science dont les enseignements aient quelque utilité, c’est à la condition qu’elle reste une science d’observation. A priori, l’on peut dire, en voyant telle ou telle action de l’homme, elle est bonne ou mauvaise, parce que la morale ne trompe pas; il est plus difficile de dire d’une institution nouvelle : elle est utile ou elle ne l’est pas. Pour juger les changements apportés par Dioclétien et Constantin dans l’Empire, il faut (suite…)
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Constantin (310-22 mai 337)

Après l’abdication de Dioclétien, Galérius, plus jeune et plus hardi, moins effrayé d’un conflit entre le christianisme et le paganisme, païen d’ailleurs plus convaincu et moins éclairé, espérait sauver l’oeuvre politique de Dioclétien par la violence, la tétrarchie par la persécution. Pour y réussir, il avait poussé au pouvoir deux de ses créatures, païens décidés et personnages dévoués à sa personne : Sévère, qu’il avait fait de rien césar, et Maximin Daza, son neveu, qui lui devait également tout. L’empereur auguste de la Gaule, Constance Chlore, protecteur des chrétiens, pouvait, il est vrai, gêner ces projets. Mais Galérius, plus jeune, (suite…)
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Dioclétien (27 septembre 284-1er mai 305)

Au milieu d’une anarchie militaire de cinquante années, pendant laquelle les soldats firent ou défirent près de cinquante empereurs, il ne manquait jamais d’officiers de fortune pour ambitionner cette destinée éphémère et périlleuse. Pour un Saturninus qui demandait grâce aux soldats en s’écriant : «Épargnez-moi ! ne savez-vous point quel monstre c’est que l’Empire ?» il y en avait cent qui espéraient toujours mieux faire, et surtout durer plus que les autres. De ce nombre fut un certain Dioclės, né en Dalmatie, dans la petite ville de Dioclée. Enfant d’une pauvre famille, soldat par nécessité et doué d’une ambition patiente, (suite…)
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Cinquante empereurs ou tyrans (235-285)

Anarchie politique et morale de cinquante ans Le sort de tout gouvernement né avec quelque vice d’origine ou fondé sur une erreur, est de finir par une anarchie, d’autant plus longue et plus effroyable que l’erreur a été plus lourde et le vice plus grave. Le gouvernement des premiers Césars a fini par la démagogie militaire d’Othon et de Vitellius. Le siècle des Antonins a fini par Commode. L’empire militaire, restauré par Septime Sévère, s’est terminé par cinquante années de convulsions sans nom, où la société civilisée a failli périr : de 235 à 285. C’est la plus étendue et (suite…)
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Sévère Alexandre (11 mars 222-18/19 mars 235)

A la mort d’Héliogabale, l’occasion était belle pour ce qu’on peut appeler avec quelque raison dans l’Empire le parti civil, composé de lettrés, de philosophes, et surtout alors de jurisconsultes, depuis que l’enseignement du droit, devenu public à partir d’Adrien, avait perfectionné encore cette science et multiplié ses adeptes. Le sénat tenta en effet de s’approprier, pour ainsi parler, le nouvel empereur, Alexandre, en lui conférant en un jour les titres de César, d’Auguste, avec le grand pontificat, la puissance tribunitienne et l’empire proconsulaire. Il aurait voulu, pour prendre encore mieux possession de lui, lui faire adopter le nom d’Antonin, (suite…)
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Caracalla et Héliogabale ou Elagabal

Septime Sévère avait cru fortifier le pouvoir, en faisant, de l’empire républicain d’Auguste, l’empire militaire. Après lui, le pouvoir se trouva davantage encore livré aux intrigues de femmes, qui prirent, du pays d’où elles sortaient, un caractère tout oriental. Ses successeurs y gagnèrent de périr de la main des prétoriens, au lieu de celle des sénateurs ou des chambellans. C’est le spectacle que nous offrent déjà les deux règnes de ses successeurs immédiats, Caracalla et Héliogabale, séparés seulement l’un de l’autre par la tentative d ‘ usurpation du préfet du prétoire Macrin sur la famille sévérienne. En modifiant l’empire, Septime (suite…)
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Pertinax, Didius Julianus, Septime Sévère

L’empire romain avait duré plus d’un siècle et demi, et il n’y avait encore, après Commode comme après Néron, aucune loi pour régler la transmission du pouvoir. La vertu des Antonins avait donné à l’adoption, par quatre choix heureux, la force d’une institution. Marc Aurèle, arrivé au trône par ce moyen, avait cru pouvoir essayer de l’hérédité en faveur de son fils Commode. L’indignité du sujet fit tout manquer. Qui allait encore disposer du pouvoir ? le sénat, le peuple ou les soldats ? Le gouvernement libéral des Antonins avait rendu de la force et du crédit à l’élément civil, (suite…)