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Néron (13 octobre 54-8 juin 68)

Agrippine avait les traditions de l’empire. A la mort de Claude, elle cacha la catastrophe le plus longtemps qu’elle put pour tout préparer à loisir; elle travailla l’armée, disposa les esprits et fit apprendre son rôle au jeune Néron par son précepteur Sénèque. Tout bien disposé, tandis qu’elle-même occupait Britannicus de ses embrassements, de sa douleur, de ses consolations, Burrhus présenta Néron aux gardes du palais, et ceux-ci le conduisirent au camp des prétoriens. Là, Néron débita la harangue préparée par son maître, promit aux soldats le donativum et fut solennellement proclamé. L’héritier de l’adoption supplantait l’héritier du sang. Ce (suite…)
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Le second empire

Rétablissement de l’Empire (1852-1863) Un sénatus-consulte, délibéré dans la première assemblée de l’État, proposa au peuple le rétablissement de la dignité impériale dans la personne de Louis-Napoléon Bonaparte, avec hérédité dans sa descendance directe, légitime ou adoptive; et les comices populaires adoptèrent cette proposition les 21 et 22 novembre, par 8 157 752 votes affirmatifs contre 254 501 négatifs. L’Empire fut solennellement proclamé le 2 décembre 1852. Le nouvel Empereur prit le nom de Napoléon III. Son mariage avec Mlle Eugénie de Montijo, comtesse de Téba, qu’il choisit en dehors de tous calculs politiques pour la faire asseoir sur le (suite…)
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La république de 1848

Le gouvernement provisoire Le 22 février , la France était avec l’opposition, mais sans nul désir d’aller plus loin, le 24, au soir, le gouvernement provisoire proclamait la République. La France, surprise et inquiète, acceptait cependant le nouveau gouvernement au fur et à mesure que lui arrivait cette étonnante nouvelle. Le 26, une foule nombreuse, réunie sur la place de l’hôtel-de-Ville, exigeait que le drapeau rouge devînt le symbole du nouveau gouvernement. C’était un présage sinistre. M. de Lamartine repoussa avec énergie «ce drapeau rouge, qui n’avait fait que le tour du champ de Mars, traîné dans le sang, tandis (suite…)
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Claude (24 janvier 41-13 octobre 54)

C’est un des caractères des monarques absolus de tomber souvent sous la domination de petites gens méprisables ou méprisés, ou sous l’empire de femmes qui rencontrent dans les plus mauvaises passions le secret de leur puissance. L’empire romain n’a pas échappé à un péril de ce genre. Ces souverains de fait, ne pouvant ou ne voulant prendre soit parmi les nobles, soit même dans la cité romaine, les instruments de leur autorité, allèrent les chercher à la porte de sortie de l’esclavage, parmi les affranchis. Dans une monarchie dont la question principale, l’hérédité, n’était pas réglée, les femmes, qui ont (suite…)
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Le gouvernement de Juillet (29 juillet 1830-23 février 1848)

Le roi Louis-Philippe Dès que la victoire fut assurée, les députés se saisirent du mouvement que d’ardents esprits auraient voulu précipiter vers la République. La crainte de l’Europe et les malheureux souvenirs de la Terreur firent accepter avec joie la monarchie constitutionnelle. La Fayette avait dit en montrant le duc d’Orléans au peuple, à l’hôtel de ville : «Voilà la meilleure des républiques.» Beaucoup avaient pensé comme la Fayette. Les vertus privées du prince, sa belle famille, ses antécédents libéraux, les souvenirs soigneusement ravivés de Jemmapes et de Valmy, ses habitudes bourgeoises, l’éducation populaire donnée à ses fils dans nos (suite…)
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Caligula (16 mars 37-24 janvier 41)

Rarement le proverbe : Tels parents, tels enfants, fut aussi cruellement démenti que dans la personne du dernier fils du glorieux Germanicus et de la belle et sévère Agrippine, Caïus, surnommé Caligula, le successeur de Tibère. Rien ne recommandait le nouvel empereur, pas même sa jeunesse. Ses traits, quoiqu’ils ne fussent pas dépourvus de beauté, étaient défigurés par une pâleur livide, par une calvitie précoce, une maigreur extrême, et surtout une étrange contraction des muscles que le marbre même a reproduite. Son corps était monté sur des jambes longues et grêles, sa démarche était chancelante et saccadée, sa voix rauque (suite…)
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La Restauration (22 juin 1815-26 juillet 1830)

Réaction royaliste Les royalistes se vengèrent cruellement de leur second exil. Ney, Labédoyère, les frères Faucher, Mouton-Du verney, Chartrand, Bonnaire furent fusillés : le maréchal Brune, les généraux Ramel et La garde furent assassinés, et une sanglante réaction frappa dans tout le midi les hommes dévoués au régime impérial, même des royalistes qu’on ne jugeait pas assez ardents. La monarchie restaurée eut ses journées de septembre, ses massacres des prisons, sa terreur blanche. Au lieu de modérer ce mouvement des esprits, la Chambre des députés fit elle-même la guerre aux principes de la Révolution. Elle essaya, malgré le roi, d’effacer (suite…)
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L’Empire (18 mai 1804-11 avril 1814)

Couronnement; nouvelle noblesse Plus de trois millions et demi de suffrages contre deux mille cinq cent soixante-neuf opposants avaient accepté l’empire. Le pape Pie VII vint lui-même couronner le nouveau Charlemagne (2 décembre 1804). Pour donner au trône, qui venait d’être relevé, l’éclat des vieilles monarchies, Napoléon créa une nouvelle noblesse : des comtes, des ducs, des princes. Il nomma dix-huit maréchaux : Berthier, Murat, Moncey, Jourdan, Masséna, Augereau, Bernadotte, Soult, Brune, Lannes, Mortier, Ney, Davoust, Bessières, Kellerman, Lefèvre, Pérignon, Serrurier, et il leur donna des titres et des terres. On revit aussi les anciennes charges de cour : les (suite…)
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Le Directoire et le Consulat

Le Directoire (29 octobre 1795-18 juin 1799) Situation de la république à la fin de 1795 Avant de se séparer, la Convention avait eu soin de décréter que les deux tiers des membres du conseil des Anciens et de celui des Cinq-Cents seraient pris parmi les conventionnels. Ceux-ci avaient donc la majorité dans les conseils; ils élurent pour directeurs cinq régicides : Laréveillère-Lépeaux, Carnot, Rewbell, Letourneur et Barras. Les cinq membres du nouveau gouvernement vinrent s’établir au palais du Luxembourg. La situation était difficile, le Trésor était vide et les assignats tombés dans le plus complet discrédité. Le commerce et (suite…)
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Tibère (18 septembre 14-16 mars 37)

Auguste n’avait ni détruit la république, ni édifié l’empire. Nous savons aujourd’hui que penser de la loi royale, supposée par des juristes postérieurs, pour donner des bases légales à l’empire. Le peuple romain n’avait pas abdiqué entre les mains de son nouveau maître; il n’avait consenti que tacitement à l’établissement du pouvoir d’un seul. Auguste lui-même n’aurait pas songé à demander, å accepter cette abdication, ce consentement. Sa politique, toute contraire, était de fonder le pouvoir d’un seul, en laissant croire qu’il ne changeait rien dans l’État. Cinquante années durant, il prolongea cette équivoque, laissant à son successeur le soin (suite…)