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Les littératures nationales, les découvertes

Les littératures italienne et française        Édouard III assiégeant Berwick (1333),               Jean Froissart A mesure que le moyen âge avait approché de sa fin, l’individualité des nations s’était dessinée davantage. Longtemps la vie intellectuelle s’était presque exclusivement renfermée dans la société religieuse et exprimée dans la langue de l’Église qui était aussi la langue universelle, le latin. Maintenant la pensée se sécularisait, la société laïque allait à son tour penser, parler, écrire en autant d’idiomes qu’il y avait de nations. Déjà chacune avait le sien, non plus seulement parlé par la foule, (suite…)
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L’Eglise de 1270 à 1453

Signes avant-coureurs d’une civilisation nouvelle                    Une Papauté d’Avignon Nous avons vu le moyen âge préparer une révolution politique et une révolution sociale, la première qui va substituer un pouvoir central à tous les pouvoirs locaux et qui mettra au-dessus des seigneurs la volonté du roi; la seconde qui affranchit les serfs, élève la bourgeoisie et commence la fortune du tiers état. Mais les peuples modernes ne s’éloignent pas seulement de l’organisation politique et sociale du moyen âge, ils prennent un autre esprit, et déjà dans la religion, dans les lettres, dans (suite…)
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Les États espagnols, scandinaves et slaves

L’Espagne de 1252 à 1453. Suspension de la croisade           Le siège de Constantinople; J. de Tavernier Nous avons raconté la croisade espagnole jusqu’aux grands succès de l’Aragon, du Portugal et de la Castille, au milieu du treizième siècle, alors que les deux premiers atteignirent les limites qu’ils ne dépassèrent plus et que le troisième enveloppa le dernier débris de la puissance musulmane réfugié dans le royaume de Grenade. Il semblait alors qu’il n’y eût plus qu’un faible effort à faire pour reconquérir la péninsule. Adossés aux Alpujarras, ils tinrent ferme durant encore deux siècles et (suite…)
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L’Allemagne de 1250 à 1453

Grand interrègne (1250-1273). Envahissement des biens et des droits impériaux L’autorité impériale s’était usée en Italie sous les différentes dynasties qui avaient possédé le trône d’Otton le Grand, et particulièrement sous celle des Hohenstaufen. Après la mort de Frédéric II (1250), que l’on peut considérer comme ayant mis fin au règne de la maison de Souabe, il y eut un affranchissement général dans les deux pays où s’exerçait cette autorité. On a vu l’Italie livrée à elle-même, mais fatiguée par la lutte séculaire de l’Empire et du saint-siège, rester incapable d’acquérir l’unité politique. Le sort de l’Allemagne fut analogue. Là (suite…)
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L’Italie de 1250 à 1453

L’Italie après la querelle des investitures; ruine de tout pouvoir central (1250). Manfred et Charles d’Anjou Au milieu du combat gigantesque que se livraient pour les investitures et pour la domination universelle les deux pouvoirs suprêmes de la chrétienté, l’Empire et le saint-siège, l’Italie, théâtre et victime de la lutte, n’avait pu arriver à l’indépendance. Quand la puissance de l’empereur et celle du pape déclinèrent, on eût pu croire qu’elle allait enfin se saisir de ses propres destinées; il n’en fut rien; elle conserva l’habitude des discordes intestines et celle d’immiscer l’étranger dans ses querelles de partis. Pourtant, au milieu (suite…)
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Histoire intérieure de la France et de l’Angleterre durant la guerre de cent ans

Progrès du parlement en Angleterre Pendant la guerre de Cent ans, la France et l’Angleterre marchaient en sens opposé. La royauté française, faible à l’origine, n’avait pas cessé de grandir, tandis que la royauté anglaise, très forte sous les premiers rois normands, déclina sous leurs successeurs. La guerre de Cent ans favorisa ce double mouvement; les rois d’Angleterre, pour la faire, furent obligés de demander sans cesse des subsides à leurs parlements, qui tinrent ainsi la couronne dans une certaine dépendance, tandis que la France, bouleversée par la guerre étrangère, fut incapable de développer régulièrement les germes d’institutions libres qu’elle (suite…)
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La guerre de cent ans

Préliminaires de la guerre de Cent ans (1328-1337) Enfin allaient se rencontrer, dans une des plus longues guerres dont l’histoire fasse mention, deux pays, arrivés tous deux à un haut degré de puissance : la France, réunie presque entière sous la main de son roi; l’Angleterre, devenue un peuple par l’alliance des chevaliers normands avec les bourgeois saxons, et qui conservait sur le continent un grand domaine, la Guyenne. Il y avait plus de discipline dans la féodalité anglaise, parce que, dès l’origine, elle avait été organisée et contenue par une royauté puissante, et parce que plus tard elle forma (suite…)
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Progrès des institutions anglaises depuis la concession de la Grande Charte jusqu’à la guerre de cent ans (1217-1328)

Garanties stipulées par la Grande Charte (1215), Henri III (1216) Baliol rendant hommage à Edouard Ier On a vu que c’est à Jean sans Terre que remonte la Grande Charte (Magna Carta). La royauté anglaise, assez forte dès l’origine pour se faire craindre des barons et des bourgeois, même du clergé, réunit ces trois classes contre elle. Et voilà pourquoi de leurs efforts communs est sortie une commune liberté, les barons ayant stipulé pour les bourgeois, en même temps que pour eux-mêmes, parce qu’ils avaient besoin de leur appui. Par cet acte mémorable, le roi promettait au clergé de respecter (suite…)
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Progrès de la royauté française de Philippe Auguste à Philippe de Valois

Administration intérieure de Philippe Auguste      Richard coeur de lion et Philippe Auguste Philippe Auguste avait glorieusement rempli son règne de 43 ans. Le domaine royal doublé par l’acquisition du Vermandois, de l’Amiénois, de l’Artois, de la Normandie, du Maine, de l’Anjou, de la Touraine, du Poitou et d’une partie de l’Auvergne, les 78 prévôtés, dont il se composait en 1223, placées sous la surveillance des baillis; la féodalité attaquée dans un de ses plus odieux privilèges, le droit de guerre privée par l’établissement de la quarantaine-le-roy(1); Paris embelli, pavé, ceint d’une muraille, doté de halles et surveillé par (suite…)
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Première période de rivalité; les rois Anglais perdent la moitié de leurs fiefs français (1066-1217)

Louis le Gros (1108-1137); Guillaume II et Henri I (1087-1135) Dans l’histoire du moyen âge, il y a des questions qui appartiennent exclusivement à cette époque. Ce sont les invasions, Charlemagne, et en dernier lieu la féodalité, la lutte des papes et des empereurs allemands, les croisades, enfin l’état social qui résulta de ces moeurs et de ces institutions particulières. Il y en a d’autres, au contraire, qui, bien que nées en plein moyen âge, sont, de leur nature, des questions modernes, et ont fait jusqu’à nos jours la vie de l’histoire. Tels sont la rivalité de la France et (suite…)