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Les dernières croisades en Orient (1147-1270)

Deuxième croisade (1142) La première croisade fut bien différente des sept autres : elle ébranla toute l’Europe, remua profondément les masses, peuple et seigneurs, et fut le symptôme d’un grand mouvement de sentiments et d’idées. Celles qui se firent dans les deux siècles suivants n’eurent plus la même portée. Presque toutes furent conduites par les rois, qui étaient demeurés en dehors de la première, et si la foi n’y fut jamais étrangère, la politique y domina souvent. La seconde porta encore un vif reflet de l’esprit de dévotion qui avait animé la première; elle ne fut pourtant plus l’oeuvre du (suite…)
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La première croisade à Jérusalem (1095-1099)

Etat du monde avant les croisades; l’empire grec Dans ce monde du moyen âge, il y avait deux mondes tout à fait distincts : celui de l’Evangile et celui du Coran. Ils s’étaient déjà heurtés quelquefois, mais, s’étant trouvés à peu près d’égale force, ils avaient fait comme un partage tacite du monde connu. Le Coran régnait depuis les Pyrénées jus qu’aux bouches du Gange; l’Évangile gouvernait toute l’Europe moins l’Espagne. De simples guerres de frontières ne mettaient ces deux mondes en contact que par les extrémités. Le moment était venu où ils allaient se mêler par la guerre. On (suite…)
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Lutte de l’Italie et de l’Allemagne (1152-1250)

Trois périodes dans la lutte du sacerdoce et de l’empire Pendant que le pape et l’empereur luttaient à qui resterait le maître du monde, la France, demeurée en dehors de ce grand débat, faisait la première croisade. Il y a donc à cette époque, comme deux séries parallèles d’événements considérables qui commencent en même temps, vers la fin du onzième siècle et qui finissent à la même époque, au milieu du treizième. La chronologie exigerait qu’on mêlât ces deux histoires, la nécessité de les bien comprendre veut qu’on les sépare. Nous continuerons donc d’exposer la querelle du sacerdoce et de (suite…)
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La querelle des investitures (1059-1122)

Toute-puissance de l’empereur Henri III (1039-1056) Otton le Grand avait relevé l’empire de Charlemagne et ressaisi les droits attachés à sa couronne, ceux entre autres de tenir la vieille Rome pour la capitale de son jeune empire, de confirmer l’élection des souverains pontifes et d’exercer sur toute l’Église une haute influence. Henri III, fils et successeur de Conrad le Salique, en 1039, fut, de tous les césars allemands, celui qui usa le plus de ce pouvoir et qui fit le mieux respecter l’autorité impériale des deux côtés des Alpes. Il força le duc de Bohême à lui payer un tribut (suite…)
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La civilisation du IXe au XIIe siècle

Inutilité des efforts de Charlemagne en faveur des lettres On a vu comment la société, en tombant des mains de Charlemagne, se brisa. Il en fut de même de la civilisation, dont les éléments commençaient à se rassembler et à se coordonner par ses soins. Il ne lui avait pas échappé que l’unité d’idées est le ciment indispensable de l’unité politique; et il avait eu d’ailleurs, comme tous les grands esprits, la passion de régner sur un empire civilisé plutôt que sur des barbares. De là ces lettres, ces capitulaires, où il ordonne de «former des écoles d’enfants et d’y (suite…)
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La féodalité

Commencement du régime féodal Les vrais héritiers de Charlemagne ne furent d’abord ni les rois de France, ni ceux d’Allemagne ou d’Italie; mais les seigneurs féodaux. L’empire n’avait pas été seul démembré après la déposition de Charles le Gros, mais les royaumes et même les grands fiefs. Les ducs, les comtes avaient été tout aussi impuissants que les rois contre les Normands, les Sarrasins ou les Hongrois et tout aussi inhabiles à maintenir de vastes territoires sous leur gouvernement. Les populations que leurs chefs ne savaient plus amener à de communs efforts, avaient pris peu à peu l’habitude de ne (suite…)
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L’Allemagne et l’Italie (888-1059). Renouvellement de l’empire de Charlemagne par les rois Allemands

Derniers Carlovingiens (Carolingiens) d’Allemagne Par le traité de Verdun qui, en 843, avait divisé en trois parts la succession de Charlemagne, la couronne impériale avait été attribuée à Lothaire, avec l’Italie et cette longue zone de pays qui séparait la France de la Germanie. Lorsque cet empire éphémère eut été détruit, elle resta l’apanage de l’Italie en vertu des souvenirs de l’empire romain. Si un État puissant s’était formé dans la péninsule, sans doute la couronne impériale eût pu s’y fixer aussi, étant défendue par un bras puissant. Mais, comme l’Italie tomba dans la division, ce signe de la domination (suite…)
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France et Angleterre (888-1108); Abaissement de la royauté Française, mais grandeur de la nation; conquête de l’Angleterre (1066)

Lutte d’un siècle entre les derniers Carlovingiens et les premiers Capétiens Avec l’unité politique des peuples de l’empire carlovingien disparaît l’unité de leur histoire. Le siècle qui suit est en effet plein de désordres; ce n’est plus la confusion, imposante en quelque sorte, des grandes mêlées de l’invasion barbare, mais une confusion dans laquelle paraissent surtout en jeu des intérêts individuels et des ambitions locales. Deux questions importantes cependant s’agitent au fond : la famille carlovingienne, opiniâtre à réclamer, non plus le trône impérial, mais le trône de France, en sera-t-elle décidément exclue ? La royauté, en quelques mains qu’elle (suite…)
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La troisième invasion, aux neuvième et dixième siècles

Les Northmans (Vikings) en France On a déjà rencontré souvent dans les récits qui précèdent les noms des Northmans (Vikings) et des Sarrasins; il faut revenir un moment en arrière pour saisir dans son ensemble l’invasion nouvelle qui assaillit le second empire d’Occident et aida tant à le précipiter, comme l’invasion germanique avait, quatre siècles plus tôt, assailli et ruiné l’empire romain d’Occident; comme la seconde, l’invasion arabe avait, au septième siècle, dépouillé l’empire d’Orient de la moitié de ses provinces. Le mouvement partit de trois points : du Nord, du Sud et de l’Est, et se prolongea à l’Ouest, (suite…)
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Ruine définitive de l’empire carolingien (845-887)

Déchirements intérieurs; vains efforts des fils du Débonnaire pour reconstruire l’empire Ce drame du démembrement de l’empire carlovingien (carolingien)n’est, en 843, qu’à la fin du premier acte. Sans doute les conclusions du traité de Verdun seront consacrées par l’avenir, mais après avoir été contestées pendant les quarante quatre années (843-887) que passera encore seule sur le trône la famille carlovingienne; jusque-là, malgré sa faiblesse, elle conservera toujours ses prétentions à tenir réunie en un empire l’Europe occidentale, et ne saura se résoudre à sacrifier le beau rêve de Charlemagne. Ce n’est qu’avec la déchéance de cette maison que sera consommé (suite…)